Moulaye El Hassene, “Poème contre une condamnation à mort” Le 27/12/2014 — à Bordeaux.

Poème contre la condamnation à mort de Mohamed Cheikh Mkheytir:

Quand l’amour se transforme en haine.
Quand la haine se transforme en actes.
Quand les actes s’incarnent en peines.
Quand devant ces peines, l’âme se rétracte.

Quand par la masse, la lâcheté est applaudie.
Quand les lois servent un tribalisme maudit.
Quand au pauvre l’erreur est impardonnable.
Quand toute expression devient condamnable.

Quand le fanatisme l’emporte sur la raison.
Quand par les chefs, cette victoire est bénie.
Quand par un verdict, on dissimule le déni.
Quand on envoie un humain à la pendaison.

Quand la noblesse privilégie son sens figuré.
Quand les bassesses sociales se confirment.
Quand tous les appels au secours sont saturés.
Quand les avocats deviennent tous infirmes.

On en arrive là, à une exécution par peloton.
On en arrive à prendre un humain pour un jeton.
On en arrive à fêter le lendemain, à bien vivre.
On en arrive à nier les commandements du “Livre”.

On en arrive à en débattre, à midi lors d’un repas.
On en arrive à y penser tout en gardant l’appétit.
On en arrive même à dire tant pis pour ce trépas
On en arrive à accepter d’avoir un cœur si petit.

On en arrive à dénoncer sans vraiment dénoncer
On en arrive à avoir peur de la réaction de l’autre
On en arrive à la honte, à refuser de se prononcer
On en arrive à vendre ses valeurs aux autres!

On en arrive à faire confiance aux chefs spirituels
On en arrive à penser qu’ils ne sont pas complices
On en arrive à garder avec eux ce “respect mutuel”
On en arrive à se dire qu’ils n’en tirent nul bénéfice.

Comme si cet être possédait un sang différent.
Comme si ce n’était rien, cette forfaiture affreuse.
Comme si l’injustice ne pouvait être contagieuse.
Comme si cet innocent n’avait pas de parents.

Comme si un juge était au dessus de la loi.
Comme si au nom de sa tribu tout se tolère.
Comme si un citoyen ne pouvait tuer un roi.
Comme si le mal n’avait pas ce goût, si amère.

Comme si l’hypocrisie garantissait le paradis.
Comme si les humains n’étaient pas tous frères.
Comme si on n’avait pas tous la même mère.
Comme si cet immense lien sacré s’était affadi.

Comme si ce peuple rejetait ses propres enfants
Comme si ce peuple n’espérait jamais s’en sortir
Comme si un coup de maillet sur un socle le fend
Comme si au nom de la religion tout pouvait l’amortir.

NON NON NON!

Pas en mon nom, c’est au dessus de mon imagination
Pas en mon nom, Je vous déclare toute mon innocence
Pas en mon nom, voici mon rejet et ma condamnation
Pas en mon nom, Témoins! Voici ma profonde repentance.

Moulaye El Hassene, “Poème contre une condamnation à mort”
Le 27/12/2014 — à Bordeaux.

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